Qui peut vraiment comprendre les cheveux crépus quand leurs porteurs les dénigrent eux-mêmes? Idées reçues, recours à des longueurs artificielles, transformations chimiques: tout est bon pour renier les frisottis. Mais quand d’autres se moquent de nos cheveux, qu’arrive-t-il? De quoi nous complexer encore plus! 

« Tes cheveux…on dirait un tapis. » 

Les enfants peuvent être cruels. Deux garçons ont sorti cette réplique à mon frère qui porte une belle tignasse indomptée (parce qu’entre nous, en tant que gars, il se fout bien de prendre soin de ses cheveux, il a autre chose en tête!) Mais cette remarque l’a quelque peu blessé, d’autant plus plus que les jeunes la trouvaient très drôle, cette blague.

« Je sais pourquoi tes cheveux tiennent tout seuls, c’est parce qu’ils sont gras! »

Comment expliquer aux gens que la nature de nos cheveux leur permet de défier la gravité sans avoir besoin de gel ou de fixatif? Un garçon s’est permis cette remarque à ma soeur qui avait des cheveux à moitié défrisés. À ma connaissance, le cheveux crépu ne devient pas gras quand il est sale, mais il reste très sec au contraire. Bien sur, ma soeur n’a pas trop la connaissance pour l’instant et elle est beaucoup plus jeune, alors que répondre à ça…Bah, c’est chouette, on peut jouer à Fifi Brindacier sans problèmes!


« Je comprends pas pourquoi tu dis que tu as de la misère à te peigner, tes cheveux sont raides! »

Mes amis (québécois) n’ont jamais pu comprendre mon problème de repousse de cheveux. Souvent je me plaignais que mes cheveux étaient trop frisés et que j’avais du mal à coiffer alors qu’ils apparaissaient lisses grâce au défrisage. Eh bien, mes amis, je parlais de la racine, celle qui revient hanter toute fille crépue ayant recours à la formule « défrisage ». Voilà, je dépensais des fortunes en pots de soude pour que mes cheveux aient la texture  des vôtres! 

« C’est drôle, tes cheveux sont élastiques. »

Ce genre de remarque remonte à l’école primaire au Québec, à l’époque des petites tresses et twists. Qui aime se faire tirer les cheveux parce que c’est drôle d’en voir l’élasticité? Ça me complexait énormément, je ne me sentais pas « normale » par rapport aux autres. Nos cheveux n’apparaissent jamais leur vraie longueur au naturel, et cela (le « shrinkage ») peut poser problèmes à plusieurs. Je ne connais pas de solution…mais eh, qui cherchons-nous à impressionner avec nos longueurs? Il ne faut vraiment pas faire une fixation là-dessus, et surtout la patience est une vertu qui doit aller de pair avec la pousse des cheveux au naturel. Sinon, on s’achète une perruque.

Justement… 

« Est-ce que ce sont tes vrais cheveux? »/ « Est-ce que c’est une perruque? »

Quelle fille noire ne s’est pas déjà fait demander ça? La question peut être embarrassante d’une manière ou d’une autre. Oui– Je peux toucher alors?/ Non– Tu as de faux cheveux!!! La question m’a été posée souvent autrefois. Pour moi la question de la perruque était vexante parce que j’avais de longs cheveux et je voulais qu’on sache qu’ils m’appartenaient. La seule fois où j’ai mis des extensions (je m’étais fait une coupe courte et j’ai eu envie de longueur pendant l’été) bah, tout le monde a su qu’il ne s’agissait pas de mes cheveux. Trop évident. Beaucoup de questions de collègues et d’amis, et moi j’ai essayé de faire la décontractée (Ouais…les stars font ça…) Heureusement j’étais pas trop fan de ça et je n’ai pas renouvelé l’expérience (niveau sensation et niveau monétaire, c’était affreux).
(En passant la photo de moi est un montage réalisé grâce au site www.taaz.com- je me suis permise d’emprunter le lace front de Kelly R.!)
 

« On dirait que tes cheveux sont collés. » 

Juste après une permanente défrisante, les cheveux perdent énormément de volume, lissage oblige. Chaque fois que je rentrais chez moi après la visite chez le coiffeur, j’essayais d’y remédier en secouant la tête, et coiffant de nouveau…peine perdue. Quelqu’un  m’avait dit juste après une séance de permanente que mes cheveux avaient l’air collés sur mon crâne…hum…suis-je trop susceptible? 
(photo de mon dernier défrisage…bien contente d’avoir arrêté!)

« Je suis déçue, je n’imaginais pas la fille comme ça…ses cheveux… »

Remarque sortie par une jeune fille après avoir regardé le film « Un dimanche à Kigali ». Elle avait lu le roman dont le film est tiré et n’imaginait pas les cheveux de Gentille aussi courts  et crépus que ceux de l’actrice (Fatou N’Diaye). La remarque m’avait mortifiée à l’époque (même si j’étais défrisée et que j’avais les cheveux longs) parce que je sentais qu’il y avait un malaise qui entourait une simple histoire de cheveux à cause de cette remarque très inutile (d’autant que j’étais la seule Noire dans la classe).


Cela dit, les rôles sont vite inversés quand ce sont les crépus qui ne comprennent pas le cheveu « blanc ». Quand j’étais petite en Haïti, un petit Blanc allait à l’école avec nous. Tout le monde l’appelait « tèt poul »-, c’est-à-dire « tête de poule » parce que ses cheveux nous rappelait les plumes soyeuses d’une poule. Il y en avait pour essayer de toucher ses cheveux- dont moi. Comme les Blancs qui voudraient toucher les cheveux d’un Noir quand ils en voient un pour la première fois…

Et vous, avez-vous des anecdotes sur le cheveu crépu? N’hésitez pas à commenter! 

Sortez vos petites fleurs pastel, c’est le printemps et c’est Pâques!
Joyeuses Pâques les cocos!
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