J’ai longtemps hésité à aborder des questions de mode, de style et de maquillage sur mon blog. Les relations amour-haine, vous connaissez? Quand j’étais ado, j’utilisais une excuse bien particulière pour justifier mon « style » informe : la religion*. Mes pantalons préférés étaient les plus l a r g e s, façon sport (ces superbes trekkers qui deviennent capri ou short à volonté). Mes t-shirts étaient exagérément amples, avec des phrases bizarres du genre Live bait : just hook me up!** que tout le monde s’arrêtait pour lire. Je porté ces quelques horreurs tous les jours pendant des années. Stacy and Clinton, où étiez-vous?! J’aurais mérité au moins 12 épisodes de What not to wear! Quel rapport avec la religion, me demanderez-vous? Je me disais que j’évitais ainsi de montrer mes courbes féminines pour ne pas attirer les regards de l’autre sexe, et provoquer ainsi la colère de Dieu (oui, j’étais un peu Jesus-freak). Parce que les autres sont des salopes, vous savez. Celles qui portent des jeans taille basse et des t-shirts ajustés.

 Wooo…j’ai parcouru un long chemin depuis! Je me souviens la première fois que j’ai porté un top sans manches. J’étais vraiment gênée de montrer mes épaules nues en public! Comment Nel, toi t’étais vraiment une sainte-nitouche? Pas tout à fait. Quand j’analyse tout cela aujourd’hui, je me rends compte que je m’habillais de la sorte tout simplement parce que ça me convenait: j’avais des complexes. J’ai traversé plusieurs phases dans mon adolescence. Des périodes Jesus-freak et des périodes je-veux-être-une-punk-rockeuse-et-je-me-fous-de-ce-que-vous-pensez. Cette façon de m’habiller me permettait de passer d’une phase à l’autre sans changer drastiquement de look, et également de ne pas tomber dans le stéréotype de la fille noire qui s’habille que comme dans les vidéos de rap. Damn, j’ai longtemps haï ce stéréotype. 

Mais personne ne m’a jamais forcé à porter des vêtements trop amples et sans aucune personnalité. Ma mère qui me harcelait pour que je porte des talons***. Ma sœur avait plus de swagg que moi à 8 ans. En fait, si je portais des vêtements qui niaient toute féminité, c’est parce que j’en voulais pas! J’ai osé ça et là des habits plus serrés, et même des décolletés, mais le plus souvent, mes tentatives ratées d’être féminine se sont résumées à mettre un fond de teint hyper comédogène qui me laissait la peau toute luisante, à porter un jogging avec la juteuse inscription de « Gorgeous » en plein sur mes fesses et à mettre jupes et bas nylon pour aller à l’église. Porter des vêtements larges voulait aussi dire cacher mes courbes et mes rondeurs de grassouillette. Vous voyez, j’ai utilisé bien des excuses pour justifier quelques complexes!

Et puis j’ai fini le secondaire. Je suis entrée dans la cour des grands. Les complexes ne se sont pas envolés d’un coup. Ça m’a pris du temps avant de pouvoir porter une camisole en public, une robe d’été, un vrai bikini…Même les shorts, j’ose pas trop trop. Mais j’ai fini par m’accepter, et à mettre de côté mes (faux) préjugés quand j’ai compris que c’était ma conception qui était tordue, et que la mode et le style n’étaient pas  réservé qu’aux Kate Moss de ce monde. 

Je sais que j’ai fait un pas de géant en matière d’habillement, sans nécessairement être passée d’un extrême à l’autre. Mais c’est à un point tel que les compliments abondent. Voulez-vous voir ce que ça donne? Vous saurez grâce à mes prochains articles! En attendant sachez que j’aime ce qui est classe, féminin(!), décontracté, funky, coloré et de bon gout. Vous êtes avec moi?

*Pour celles qui se demandent, j’ai longtemps assisté à une église baptiste au cadre assez rigide (pensez Amérique puritaine républicaine d’extrême-droite. Non, je blague pas).
**Traduction : Appât vivant : attrape-moi. Connotation légèrement sexuelle…moi et ma compréhension limitée de l’anglais à l’époque.
*** Sur mon permis, ça dit 1,50m. Mais la dernière fois que j’ai vérifié, je fais 1,48m. Oui je suis très petite!

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