J’ai assisté à la projection du film Winnie lors de sa sortie à Montréal. Il avait également été présenté en avant-première dans le cadre du Festival du Film Black de Montréal.
Avant de me lancer dans la critique, je dois dire que je ne connaissais pas du tout la biographie de Winnie Madikizela Mandela, alors que j’étais bien renseignée sur la vie et les actions politiques de son célèbre mari.


La critique paraitra peut-être sévère à plusieurs. Je vous dit tout de suite que je n’ai pas du tout aimé ce long-métrage biographique pour plusieurs raisons. En voici cinq.


1. Le cadre historique. Il était très peu développé. La plupart des gens connaissent les grandes lignes de l’histoire de l’apartheid en Afrique du Sud, mais ce contexte était peu exploité dans le film alors qu’il est intimement lié à l’histoire même du personnage principal. Si j’étais inculte sur l’histoire de l’Afrique du Sud, ce n’est pas avec Winnie que je comprendrais ce qui s’y est passé.

2. L’importance accordée à l’histoire d’amour entre Winnie et Nelson Mandela. Des scènes qui ne m’ont pas tellement touchées parce qu’elles étaient mièvres et sirupeuses. The Epic Untold Love Story, dit l’affiche du film. Vraiment? Le jeu entre les deux acteurs principaux était assez fade. Je n’ai pas du tout cru à la chimie entre Jennifer Hudson et Terrence Howard. Et que dire de la musique kitsch à souhait qui ponctuait le film. 

3. La voix de Winnie. Elle n’en avait tout simplement pas. Pourtant le film s’intitule bien Winnie. À plusieurs reprises, j’ai constaté qu’elle n’avait pas grand chose à dire. Les personnages secondaires avaient des discours plus frappant, les dialogues n’étaient tout simplement pas à la hauteur, le discours de Winnie était effacé. Je pense à la fin du film par exemple.

4. La passivité. Parlant de discours absent, je suis convaincue que la vraie Winnie Mandela était beaucoup plus active que celle dépeinte dans le film, tant pour ses bons que pour ses mauvais coups. Car Winnie Mandela a eu également une vie entachée de scandales. Dans le film, elle reste toujours un peu victime et passive. Elle n’affirme pas avoir trompé Nelson Mandela. On ne la voit pas s’impliquer directement dans les scandales. En gros, c’est comme si elle n’avait jamais rien fait de mal.

5. La superficialité. Le film se déroule sur une très longue période de temps (soit une trentaine d’années, le temps d’emprisonnement de Mandela). C’est évidemment très dur de développer la psychologie de personnages sur un tel laps de temps, mais il aurait peut-être valu de s’arrêter sur certains moments cruciaux, quitte à passer outre certaines années, pour vraiment comprendre qui était Winnie Mandela.

Bref, je ne regrette pas d’avoir vu le film, mais il m’a beaucoup déçue. J’ai pu lire à plusieurs endroits par la suite que le casting de Jennifer Hudson pour ce film était un mauvais choix et je comprends pourquoi. Dans Dreamgirls, elle excellait. Dans Winnie, elle exaspère.  Par chance, Terrence Howard sauvait la mise en Mandela exemplaire, mais à lui seul, il ne pouvait sauver le film.

Je pense à The Lady, que j’avais vu quelques mois plus tôt. Un long métrage sur la vie d’Aung Suu Kyi, une autre femme politique qui a combattu pour la démocratie dans son pays, comme Winnie. Mais les deux films ne sont tout simplement pas comparables.

Et vous, avez-vous vu ce film? L’avez-vous aimé ou êtes-vous déçus comme moi?


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