J’ai partagé aujourd’hui cette capture d’écran sur la page Facebook de Racines Crépues. J’effectuais un sondage en ligne, sur la beauté et la mode, quand je suis tombée sur cette question. Saisie, choquée, moi aussi, comme plusieurs qui ont commenté la photo, j’ai vite fait le raccourci  » sales racistes! » dans ma tête. Quoi? Mes cheveux crépus sont un problème, parmi les pellicules, les cheveux gras et la perte de cheveux? Non mais, ça va pas!
Et puis… j’y ai réfléchi de nouveau. Pour qui est-ce qui est-ce que les cheveux crépus étaient un problème il n’y a même pas cinq ans? Pour qui était-ce difficile de supporter les repousses entre les défrisages? Qui a essayé les extensions longues et lisses pour avoir l’air plus girly, des cheveux qui flottent? Moi. Moi. Et encore moi. Et plein d’autres. 
On s’entend. Je n’excuse pas ce choix de réponse dans ce sondage. Mais, voilà je ne saurais crier seulement au racisme pour ça. Ça serait crier au racisme à celle que j’étais avant de faire mon retour à mes cheveux crépus. Ça serait crier au racisme à celles de ma famille, surtout aux dames âgées, pour qui le cheveu crépu est un réel problème à avoir. Ça serait crier au racisme à toutes les stars noires qui cachent leurs cheveux crépus sous des weaves à 1000$.
Elle a un problème capillaire de plus on dirait
Je suis tout à fait consciente que la conception du cheveu crépu comme un problème est corollaire de l’esclavage, de la colonisation, de la ségrégation, et donc du racisme. Je sais qu’il y a longtemps eu, et qu’il y a encore de la discrimination autour de la peau noire ET des cheveux crépus. Mais avouons-le, avant tout récemment dans l’histoire (et excluant le mouvement des droits civiques des années 70 aux USA), quel pourcentage de femmes noires (occidentales) ont porté fièrement leurs cheveux crépus, sans essayer de les altérer, de les cacher, de les transformer en ce qu’ils ne sont pas? Pourquoi les défrisants, les perruques et les extensions ont été un marché florissant ces dernières années? 
Parce que nous avons appris à traiter les cheveux crépus comme un problème capillaire et nous avons véhiculé cette idée à notre entourage, à notre famille, à nos enfants. Maintenant c’est facile de faire la choquée parce que être naturalista c’est in, mais franchement, ce choix de réponse témoigne à mon avis de l’ignorance plus qu’autre chose. Si vous n’êtes pas convaincues, (re)regardez Good Hair. 
Alors, est-ce vraiment raciste?
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