Le Mois de l’histoire des Noirs, qui en est à sa 25e édition à Montréal, bat son plein. Pour lancer les festivités qui ont pour thème cette année «Lève-toi et brille», le collectif Four Brown Girls a organisé son tout premier Blaxpo le 30 et 31 janvier 2016, en plein coeur du centre-ville de Montréal. Blaxpo était l’occasion de mettre en lumière des entrepreneurs noirs et leurs commerces, ainsi que des artistes de la communauté, à travers une exposition, des conférences et des dialogues.
Si des événements comme Blaxpo ont lieu – et en plus, dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs – c’est pour offrir à une communauté minoritaire l’occasion de se découvrir et de se redécouvrir, en plus de célébrer sa richesse culturelle et ce qu’elle offre de mieux, choses qui passent totalement inaperçues si l’on se fie uniquement à ce que présentent les médias de masse. Cela donne aussi l’occasion de se créer un réseau fantastique.
Je me suis intéressée à l’atelier Poupées féroces (ou #BlackDollsBeLike en anglais) au Blaxpo. Je m’intéresse depuis longtemps à la problématique de la représentation surtout dans les domaines culturels, artistiques et médiatiques. J’en ai d’ailleurs parlé à quelques reprises sur ce blogue. Et tout dernièrement je vous ai parlé de ma poupée Tina, juste avant que Mattel annonce sa nouvelle ligne de poupées plus diversifiée. Chapeau à Mattel, même si la cynique en moi pense que c’est surtout les ventes en baisse de Mattel qui semblent leur avoir ouvert les yeux…
Pour en revenir à la conférence-atelier au Blaxpo, la conférencière du National Black Doll Museum of History and Culture nous a rapidement exposé l’histoire de la poupée noire en Amérique et ailleurs. Un peu trop rapidement à mon goût, moi qui en aurait pris davantage, surtout que leur présentation PowerPoint semblait plus étoffée que la présentation orale. Mais comme il y avait beaucoup d’enfants, une exposé très riche et long aurait été mal avisé.
J’ai quand même appris quelques éléments qui me permettront d’effectuer une recherche personnelle plus tard. Par exemple, la poupée Topsy Turvy – un bord blanche, un bord noire – aux origines controversées. Même chose pour la poupée Golliwog, inspirée des personnages des minstrel shows. La conférencière a également mentionné une légende afro-américaine, à l’origine des poupées de chiffon noires.
Mais le plus merveilleux je crois était l’atelier auquel ont pu prendre part la vingtaine d’enfants présents. Ils ont pu apprendre sur place comment fabriquer et décorer leur propre poupée fait à partir d’une simple bouteille de plastique, de chiffons et de corde. Bon… quelques adultes s’y sont amusées également!
Et pour le reste du Blaxpo, comme à l’accoutumée de ce type de foires, il y avait beaucoup de petits entrepreneurs venus étaler leurs magnifiques créations – bijoux et vêtements en wax, salons de coiffures, produits pour cheveux, etc – et bien sûr, une belle galerie exposant des oeuvres artistiques. Le dimanche avait lieu le Brunch des beautés brunes (je n’y ai pas participé malheureusement). Au final, l’événement était très réussi et on souhaite aux Four Brown Girls de récidiver l’an prochain!
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